Les Espèces Exotiques Envahissantes et le monde de la recherche en Nouvelle-Aquitaine
Plusieurs projets de recherches scientifiques ont été menés ou sont toujours en cours en Nouvelle-Aquitaine. En voici une liste non exhaustive.
A noter que jusqu’en 2025, le réseau Biosena rassemblait des acteurs de tous horizons, issus du monde académique et du monde socio-professionnel, dont l’objectif était de contribuer à la connaissance et à la préservation de la biodiversité, ainsi qu’à l’amélioration des services écosystémiques par la recherche, la dissémination des connaissances, la diffusion de la culture scientifique et le transfert de compétences dans un mode de recherche-action, selon les recommandations issues d’Ecobiose. Bien que le réseau ait pris fin au 1er mars 2025, ses ressources restent accessibles notamment les annuaires, les actions et les projets de recherche. Les informations ne sont plus mises à jour mais néanmoins de nombreux contenus restent d’actualité.
VIGIE-LACS

Le projet de recherche Vigie-Lacs vise à acquérir des connaissances scientifiques indispensables à la préservation de plantes aquatiques des lacs et étangs du littoral aquitain, qui sont fortement menacées par le changement climatique, l’artificialisation des biotopes aquatiques et les espèces exotiques envahissantes. ll s’agit en particulier de deux espèces immergées, Lagarosiphon major et Egeria densa et d’espèces amphibies telles que les jussies et le Myriophylle du Brésil. Consultez l’article sur le site du Centre de Ressources EEE
CAPACITÉ DE GERMINATION DES JUSSIES EN PHASE TERRESTRE

En 2025, les travaux de recherche de l’INRAE (unité de Saint-Laurent-de-la-Prée, 17) et de l’université de Rennes sur les risques de germination hors de l’eau de la jussie rampante (Ludwigia peploides) ont été publiés. Il s’agissait de répondre à une demande du Syndicat Mixte Charente Aval qui souhaitait connaître les risques liés à l’épandage de boues de curage des canaux envahis par la jussie dans les marais charentais, notamment son potentiel de colonisation des habitats terrestres. Consultez l’article sur le site de l’INRAE
EVALUATION DE LA DYNAMIQUE DE PLANTES AQUATIQUES EXOTIQUES DANS LE LAC DE LACANAU

Dans le cadre de la participation au pôle national Recherche & Développement plan d’eau ECLA et sous couvert d’une autorisation administrative, l’équipe ECOVEA (Ecologie des COmmunautés VEgétales Aquatiques) de l’INRAE de Cestas (33) a démarré une étude permettant de tester une méthode novatrice et non destructive d’évaluation de la distribution géographique et des biomasses de Lagarosiphon major et d’Egeria densa dans le lac de Lacanau par echosondage afin de suivre la dynamique de colonisation de ces espèce et des écosystèmes face aux changements globaux. En savoir plus sur les biomasses des EEE (p. 19)
ÉCOLOGIE DU RATON-LAVEUR

Une étude scientifique menée par le GREGE et CERFE, dans le cadre d’une thèse universitaire et d’une thèse vétérinaire, analyse l’écologie du raton laveur sur trois territoires en France. L’un des sites d’étude se situe dans les zones humides périurbaines de l’agglomération bordelaise.
Les objectifs sont de mieux comprendre les interactions de l’espèce avec les populations humaines et la faune domestique, d’évaluer les risques sanitaires et de préciser son écologie dans un milieu à fort enjeu patrimonial.
Le projet est soutenu notamment par l’Office français de la biodiversité (OFB) et plusieurs collectivités et services de l’État.
Une population bien implantée fait l’objet d’un piégeage depuis 2007 autour de Bordeaux, coordonné par l’Association départementale des piégeurs agréés de la Gironde. Les données montrent une forte augmentation des captures : moins de 10 individus par an jusqu’en 2012 ; en 2022-2023, 243 individus ont été éliminés au total en Gironde, en incluant la chasse. Des articles soulignent les dégâts causés (arbres fruitiers, attaques de poules, etc.) en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, illustrant l’installation durable et l’expansion de l’espèce dans le sud-ouest.
Consultez l’article sur le site du CDR EEE et consultez la fiche retour d’expériences (2023).
PROJET DE RECHERCHE PLANTES INVASIVES AQUATIQUES [TERMINE]
Les infections humaines sont majoritairement liées à la présence d’un biofilm et ces dernières sont responsables de plus de 500 000 morts/an. Le projet LUDIC cherchait à isoler, identifier et caractériser des composés de Ludwigia grandiflora actifs contre les biofilms de Candida albicans et Staphylococcus aureus. Quatre laboratoires de l’Université de Poitiers (EBI, IC2MP, LITEC et PHAR2) ont collaboré ensemble à ce projet, qui visait à proposer de nouvelles pistes de valorisation des composés issus de plantes invasives et à renforcer l’arsenal thérapeutique disponible pour lutter contre les infections associées aux biofilms impliquant Candida albicans et Staphylococcus aureus contre lesquelles il n’existe pas de traitement efficace. Consultez la thèse soutenue en 2023