La gestion des espèces exotiques envahissantes est particulièrement complexe en raison de la diversité des espèces et des milieux concernés, de la multiplicité et de l’intensité variable de leurs impacts, mais également du nombre d’acteurs et des enjeux environnementaux, sanitaires et socio-économiques associés. Face à des moyens d’intervention souvent limités, elle nécessite de hiérarchiser les espèces et les situations, afin de cibler les actions de prévention, de surveillance et de gestion les plus pertinentes.
Les gestionnaires de sites, ainsi que les décideurs et les financeurs, sont invités à intégrer le REEENA afin que leurs actions puissent être mieux coordonnées dans un objectif de pertinence et d’efficacité des opérations de gestion, à l’échelle de leurs territoires.
La prévention de l’introduction et de la propagation des EEE dans les milieux naturels reste le moyen le plus efficace pour lutter contre ces espèces, plus efficace, moins impactant et moins coûteux que la mise en place de mesures de gestion sur des populations déjà établies. Cette approche préventive est primordiale pour réduire les risques d’introduction et de propagation. Ceci est d’autant plus vrai pour les Espèces Non Indigènes marines contre lesquelles il n’est plus possible d’agir une fois qu’elles sont installées dans les eaux littorales.
La détection précoce de nouveaux foyers d’EEE encore limités et localisés suivie d’une intervention rapide en vue de leur éradication sont également préférables à la mise en place lourde, plus longue, plus coûteuse et aux résultats plus aléatoires, d’actions de gestion de populations déjà largement répandues.
Mais lorsqu’une espèce exotique envahissante commence à s’installer et que des impacts sont observés, la question de la gestion se pose. La prolifération d’espèces exotiques résulte le plus souvent d’une perturbation des milieux naturels sur laquelle il faudra agir si celle-ci est d’origine anthropique.
Les populations d’EEE largement répandues, dont l’éradication n’est plus envisageable, peuvent faire l’objet d’opérations de confinement ou de limitation du front de propagation si celles-ci apparaissent pertinentes au regard de leurs impacts avérés ou potentiels (environnementaux, sanitaires ou économiques) dans un territoire donné ou sur des sites dont les enjeux le justifient.
Ces opérations et leur suivi ne peuvent être envisagées que si des moyens techniques et financiers mobilisables sont suffisants. Les impacts environnementaux ou sanitaires résultant des mesures de gestion (dégradation de milieux naturels, destruction d’espèces non cibles, empreinte carbone liée aux méthodes de lutte, propagation accélérée du foyer de l’EEE (en aval d’un cours d’eau par dispersion de propagules, par exemple) etc.) doivent systématiquement être pris en considération avant toute prise de décision. Dans de nombreuses situations, aucune action ne sera entreprise.
La gestion d’une population d’EEE démarre par la réalisation d’une analyse « coût/bénéfice et capacité à agir » aboutissant à la décision d’intervenir ou non.
Le plan de gestion doit être élaboré en prenant en considération le devenir des éventuels déchets, ainsi que l’évaluation de l’efficacité des opérations. Il ne s’agit pas d’intervenir sur toutes les espèces et sur toutes les populations d’EEE identifiées sur la région Nouvelle-Aquitaine (ce qui n’est pas toujours pertinent ni envisageable techniquement, financièrement ou en termes de gain environnemental) mais en priorité sur les plus préoccupantes, identifiées à la suite d’expertises, en fonction des enjeux du territoire concerné, du résultat attendu et des moyens disponibles.

EXEMPLE D’UNE STRATEGIE DE GESTION DES JUSSIES DANS LA ZONE HUMIDE DU MARAIS POITEVIN
Extrait de l’article du Centre de Ressources Espèces Exotiques Envahissantes
Depuis 1994, l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSN) a mené des actions continues pour contrôler les développements des jussies, plantes amphibies exotiques envahissantes, dans la zone humide du Marais poitevin, un vaste territoire dont elle doit assurer la protection. Pour en évaluer l’efficacité, le plan de gestion s’est appuyé sur des suivis annuels de l’ensemble des sites colonisés (cartographie, nombres d’herbiers récoltés, quantités de plantes évacuées). Elle dresse un bilan de ces 30 ans de gestion.
Les opérations de gestion des plantes exotiques conduisent à la production de déchets végétaux. Au vu du volume de déchets généré et des contraintes sanitaires et réglementaires liées à leur traitement, il est indispensable d’anticiper les solutions de valorisation voire d’élimination, dans le respect de la réglementation et dans un souci de limitation des coûts.

EXEMPLE DE TRAVAUX ANIMES PAR SOLTENA
Au sein du réseau animé par SOLTENA (filières déchets et biodiversité), plusieurs acteurs ont exprimé le besoin d’avoir des informations sur le traitement des déchets de PEE.
Un atelier inter-filière a été organisé le 2 avril 2025 permettant de recueillir dans un premier temps les attentes des acteurs présents. On peut citer en particulier :
– Rencontrer des acteurs concernés et intéressés par cette thématique pour activer des synergies ;
– Comprendre les avantages et inconvénients des différentes solutions de traitement ;
– Connaitre les acteurs des filières et les pratiques utilisées ;
– Proposer des solutions concrètes de valorisation et créer un plan d’action à la suite de l’atelier
Une rencontre en salle et sur le terrain le 16 octobre 2025 a permis de compléter cet atelier (en savoir plus page 19 du bilan 2024-2025 de la SREEE).

Consultez le Guide technique pour accompagner le traitement des déchets de plantes exotiques envahissantes issus d’interventions de gestion (UICN Comité français, Suez Recyclage et Valorisation France, 2022).
> Consultez les retours d’expériences en région depuis le répertoire d’exemples dédié.