
D’après les experts de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), les espèces exotiques envahissantes représentent l’une des cinq principales pressions qui pèsent sur la biodiversité. Cette menace sur les écosystèmes et sur les services qu’ils rendent s’accroit à un rythme inégalé.
Les définitions relatives aux EEE sont nombreuses et ont évolué dans le temps. Les définitions suivantes sont extraites de la SREEE et reprennent les dernières publications et textes réglementaires et qui sont utilisés pour l’élaboration des listes d’EEE hiérarchisées en Nouvelle-Aquitaine.

Espèce exotique
Une espèce exotique (ou exogène, non indigène, allochtone, non native, allogène, introduite) désigne une espèce introduite par l’Homme hors de son aire de répartition naturelle, volontairement ou fortuitement et dont la présence sur le territoire considéré est postérieure à 1492 pour la flore ou 1850 pour la faune. L’aire de répartition naturelle des taxons exogènes est éloignée du territoire considéré sans possibilité d’immigration naturelle depuis cette aire dans le territoire considéré (Sarat et al., 2015). Les espèces animales ou végétales introduites par l’Homme hors de leur aire de répartition naturelle dans les zones portuaires et les zones de cultures marines sont qualifiées d’espèces non indigènes (ENI) marines (sensu Directive 2008/56/CE et arrêté du 9 septembre 2019 relatif à la définition du bon état écologique des eaux marines et aux normes méthodologiques d’évaluation).
Une population est considérée exotique si son introduction est liée aux activités humaines, contrairement aux espèces qui étendent leur aire de répartition naturellement, en particulier par contraintes climatiques. De nombreuses voies d’introduction sont à l’origine du déplacement d’espèces comme leur introduction volontaire pour des raisons économiques, leur échappée accidentelle de captivité, la contamination d’une marchandise, le transport accidentel via le moyen de transport et le matériel associé ou encore l’utilisation des infrastructures humaines de déplacements.
Espèce exotique envahissante
Une espèce exotique envahissante est définie comme tout spécimen vivant d’une espèce exotique dont l’introduction et la propagation s’est révélée constituer une menace pour la biodiversité et les services écosystémiques associés, avoir des effets néfastes sur la santé humaine, sur l’économie et/ou les usages des milieux.
Cette définition, admise par le règlement européen n°1143/2014 du 22 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes, englobe également toute partie, gamète, semence, œuf ou propagule de cette espèce, ainsi que tout hybride ou toute variété ou race susceptible de survivre et, ultérieurement, de se reproduire.
Le terme d’EEE est utilisé par simplification de langage, mais ce sont des populations de ces espèces qui peuvent devenir envahissantes dans des contextes écologiques particuliers qui leur sont favorables (milieux perturbés, absence de prédateur naturel, etc.) sans qu’on n’en comprenne toujours tous les mécanismes. De plus, le caractère envahissant d’une espèce peut évoluer dans le temps, un équilibre naturel pouvant se mettre en place, à plus ou moins long terme (Sarat et al., 2015).
En savoir plus sur les définitions sur le Centre de Ressources Espèces Exotiques Envahissantes
Toutes les espèces introduites ne sont pas envahissantes (espèce occasionnelle, espèce naturalisée, espèce néo-indigène). Pour qu’une espèce exotique devienne envahissante, après une phase de latence plus ou moins longue, plusieurs barrières écologiques doivent être franchies (Sarat et al., 2015 ; Caillon, 2017).

Si l’Homme peut tirer des bénéfices d’un certain nombre d’espèces exotiques, introduites volontairement à certaines fins ou non, environ 80 % des impacts documentés sur les services écosystémiques rendus par la nature sont négatifs (Roy et al., 2023).
Les EEE sont susceptibles d’impacter les espèces autochtones, les écosystèmes mais également les activités économiques et de loisir, la santé humaine.
Sur les 1 872 espèces menacées en Europe, l’Union européenne évalue que 354 d’entre elles le sont par des EEE (Commission européenne, 2020). Ces dernières auraient contribué globalement (seules ou en combinaison avec d’autres facteurs) à 60 % des extinctions animales et végétales au niveau mondial (Roy et al., 2023).
Les EEE impactent la biodiversité via différents mécanismes :
> compétition pour les ressources alimentaires et/ou les habitats d’espèces autochtones ;
> prédation directe sur les espèces autochtones ;
> dégradation / destruction d’habitats d’espèces autochtones;
> modification ou perturbation des écosystèmes colonisés ;
> transmission de pathogènes ou maladies dans des populations d’espèces autochtones ;
> pollution du patrimoine génétique d’espcèes autochtones par hybridation.
Consultez le chapitre dédié aux impacts dans la SREEE (page 22)
Consultez le bilan du projet CLEVER : évaluation des impacts environnementaux des plantes exotiques envahissantes de France